L’APPORT DE FRÈRE ROGER À LA PENSÉE THÉOLOGIQUE



L'apport de frère Roger à la pensée théologique: Actes du colloque international, Taizé, 31 août - 5 septembre 2015L’APPORT DE FRÈRE ROGER À LA PENSÉE THÉOLOGIQUE
Actes du colloque international, Taizé, 31 août-5 septembre 2015
Presses de Taizé, 2016, 314 p., 25 €

Il n’est pas trop tard, deux ans après la tenue de ce colloque consacré à l’apport du frère Roger à la pensée théologique chrétienne, et un an après la publication des actes de ce colloque, pour en rendre compte, même brièvement, tout en le recommandant fortement.
En effet, cette semaine d’études et de recherches, convoquée à Taizé du 31 août au 5 septembre 2015, a été d’une richesse exceptionnelle, tant par la diversité des apports venus du monde entier que par leur convergence sur la vocation du fondateur de la communauté. C’était la saison des dates, comme le souligne dans sa présentation le frère Alois, Prieur de Taizé : centième anniversaire de la naissance de frère Roger (1915), le dixième de sa mort (2005), etc. Même si ces dates de mémoire sont des occasions de se souvenir et d’espérer, ne nous contentons pas de ces occasions et ne réduisons pas les meilleurs à leurs anniversaires...
Toujours est-il que le colloque de Taizé sur frère Roger a rassemblé des témoins venus du monde entier, France et Suisse évidement, avec Laurent Schlumberger ou Gottfried Hamman et Michel Stravou ; comme à la Pentecôte, il en est venu de partout, Allemagne et Grande-Bretagne, Afrique du Sud et Amérique du Nord, Ukraine et Grèce, Serbie et Irlande, etc. Comme si, à l’occasion de recherches sur un seul, frère Roger, on avait constitué une communauté universelle, interconfessionnelle et chrétienne : Taizé serait alors le lieu spirituel et théologique d’une catholicité évangélique, au-delà de nos capitales religieuses, Rome, Genève ou Constantinople. On aurait pu attendre, entendre, une voix juive qui aurait évoqué la nouvelle Jérusalem. Ce qu’est un peu Taizé, avec beaucoup de portes autour de l’Agneau immolé de l’Apocalypse.
Impossible de résumer une vingtaine de contributions. On soulignera celle de Beate Bengard sur « Frère Roger et Paul Ricœur : pistes d’un enrichissement théologique mutuel ». Ou celle du cardinal Walter Kasper, « La miséricorde et le cheminement œcuménique de frère Roger ».
« Vivre la réalité vulnérable de l’amour » : c’est bien cela, au moment où l’unité chrétienne s’éloigne au profit d’un christianisme culturel, qui nous voudrait par exemple plus protestants que chrétiens...
Compte-rendu de Michel Leplay, paru dans la revue LibreSens n°234  de novembre-décembre 2017