LES PROTESTANTS 500 ANS APRÈS LA RÉFORME



LES PROTESTANTS 500 ANS APRÈS LA RÉFORME
Fidélité et liberté
Olivétan, 2017, 408 p., 29 €

 On doit ce beau livre, abondamment illustré, au désir de la Fédération protestante de France de marquer le cinquième centenaire de la Réforme, et à l’engagement du pasteur Michel Bertrand qui l’a dirigé. C’est un livre à plusieurs voix, pas seulement celles des différentes Églises issues de la Réforme, mais aussi des voix étrangères, des voix contrastées, des voix d’hier et même d’avant-hier ! Car des portraits de personnalités plus ou moins connues s’intercalent entre les exposés (dus à 68 auteurs). Après une double introduction (F. Clavairoly et M. Bertrand), les contributions sont organisées autour de quatre grands thèmes.
- Héritages et filiations : il s’agit là de montrer en quoi les liens avec Luther et la Réforme du XVIe siècle sont multiples. Les exposés abordent la question de la diversité protestante et montrent comment cette diversité s’est construite, en soulignant l’importance du Réveil. On y apprend qu’il faut attendre le XVIIIe siècle pour trouver le terme générique de « protestant » dans le sens d’aujourd’hui : primauté de la Bible, attachement au Christ comme médiateur, rejet des hiérarchies de l’Église …
- Résonnances et défis : cette partie cherche à relire le message de Luther dans les perspectives d’aujourd’hui, en faisant dialoguer théologie et sciences humaines, afin de montrer son actualité.
- Convictions et pratiques : ce chapitre prend à bras le corps les problèmes de notre pays, et même du monde avec l’écologie, l’environnement. Il montre aussi les réalisations, les apports constructifs du protestantisme, mais aussi les résistances, les interpellations quand les grands principes sont menacés. Ce chapitre témoigne des priorités que s’est données le protestantisme. (Une remarque : la photo dite de John Bost, p. 234, n’est pas la sienne.)
- Débats et dialogues : Au-delà de l’unité du protestantisme, il subsiste entre les Églises des différences, quelquefois vraiment théologiques (comme entre les Églises multitudinistes et celles qui demandent une conversion personnelle) ; mais parfois il ne s’agit que de façons différentes de vivre le sacré. Dans cette partie du livre, à plusieurs reprises, le texte est sur deux colonnes, correspondant à deux intervenants qui dialoguent ou débattent sur leurs divergences. Au lecteur d’apprécier !
 À la fin, un glossaire très riche accompagne (et instruit !) le lecteur.
 L’intérêt de ce livre est de témoigner de la réalité et de la vie du protestantisme français, aujourd’hui, dans sa diversité, en insistant sur ce qui fait malgré tout son unité profonde. C’est ce que souligne F. Clavairoly dans son introduction « Le feu et la lumière » : la liberté du protestant à l’égard des pouvoirs politiques et religieux. Le protestantisme est à la fois une contestation et une attestation de foi, dans une relation directe avec Dieu. Et l’on peut retenir deux phrases qui pourraient résumer ce livre : « Une commémoration est un moment privilégié de la transmission » et « Vivre l’unité dans la diversité ».
Compte-rendu de Gabrielle Cadier-Rey, paru dans la revue LibreSens n°234 de novembre-décembre 2017