Olivier Abel : PIERRE BAYLE. Les paradoxes politiques

PIERRE BAYLE. Les paradoxes politiques
Olivier Abel
Michalon, 2017, 120 p., 12 €

Le fameux quatrain de Voltaire à propos de Pierre Bayle présente admirablement toute la complexité de ce personnage : il y est à la fois « celui qui enseigne à douter » et « celui qui se combat lui-même ». En un mot, celui qui ne cesse de vouloir faire dialoguer tous les points de vue.
L’œuvre de Pierre Bayle (1647–1706) a « souvent été considérée comme la matrice de l’Encyclopédie et des Lumières ». C’est dire la notoriété et l’influence de ce protestant aujourd’hui bien oublié qui s’exila à Rotterdam avant la Révocation de l’Édit de Nantes pour y écrire inlassablement.
Comment mieux le décrire dans son foisonnement intellectuel qu’avec ce jugement de Mathieu Marais : « Il avait plusieurs esprits ». En effet, dans une exploration rhétorique pleine de verve, n’hésitant pas à exposer des idées étrangères aux siennes pour les combattre avec entrain, Pierre Bayle a toujours cherché à comprendre le raisonnement d’autrui de l’intérieur. Pour mieux souvent s’y opposer.
C’est donc une pensée difficile à suivre que celle de cet auteur, philosophe averti.
Cependant, Olivier Abel, l’auteur de ce court essai, nous convie avec beaucoup de clarté à entrer dans cette pensée. D’abord par une longue introduction éclairant le paysage politique, intellectuel et spirituel du siècle. Puis, dans un premier chapitre, en nous fournissant quelques éléments biographiques fondateurs de la démarche de Pierre Bayle, ainsi que la présentation de ses premières œuvres. Suit un second chapitre exposant successivement les œuvres de maturité. Chapitre plus complexe où la pensée de Pierre Bayle est analysée très subtilement. Un troisième et dernier chapitre nous ouvre à la présentation du Dictionnaire historique et critique, grand œuvre de notre philosophe. Les deux articles sur Milton et Hobbes y prennent une place conséquente.
Le recenseur a apprécié la lecture de cet ouvrage d’une grande clarté.
Compte-rendu de Pierre Reboul, paru dans la revue LibreSens n°231 de mai-juin 2017