SORTIR DU SILENCE. L’écoute à S.O.S. Amitié
Sous la direction de Pierre Reboul. Préface d’André Comte-Sponville
Chronique sociale, 2016, 207 p., 14,90 €

En introduction, le président de l’association précise l’objectif de l’ouvrage : il s’agit de « lever le voile sur cette institution plus que cinquantenaire qui reste aujourd’hui le plus important dispositif bénévole de prévention du suicide par l’écoute du mal-être ».
La dizaine de chapitres, qui ont été écrits par des membres actuels ou anciens de SOS Amitié, tente d’aborder les différentes facettes de ce service d’aide - son histoire, les fondements éthiques, et aussi la manière dont est organisée la vie interne des mille six cents membres répartis sur l’ensemble du territoire.
On sait que l’idée d’aider par téléphone les suicidaires est née en Angleterre avec l’œuvre des « Samaritains ». On sait moins qu’en France, c’est Georges Lillaz (1911-1989), fervent protestant laïc très fortuné (président directeur général du Bazar de l’hôtel de ville de Paris), qui le premier a souhaité s’investir dans la création d’un service similaire. D’emblée, il a voulu associer les autres confessions à son entreprise.
On notera une intéressante préface d’André Comte-Sponville qui commence par faire une différence entre solitude et isolement ; la première notion a une face très positive de son point de vue tandis que la seconde, l’isolement, peut mener au suicide. Puis il ajoute : « J’ai beaucoup appris en lisant ce livre et d’abord sur ce qui en fait l’objet principal : cette écoute si particulière, à la fois bénévole et normée (elle a ses règles, ses techniques, sa déontologie) qui n’est ni une conversation (les échanges sans être forcément à sens unique, y sont clairement asymétriques, l’un est là pour parler, l’autre pour entendre), ni une thérapie (l’écoutant n’est ni médecin ni psy, l’appelant peut très bien ne souffrir d’aucune maladie) et qui n’en est que plus précieuse par cette parole qu’elle suscite et qu’elle accueille ».
Compte-rendu de Françoise Gougne, paru dans la revue LibreSens n°230 de mars-avril 2017