LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les changements climatiques
par le groupe climat de la FPF : M. Kopp, O. Schäfer, C. Sixt-Gateuille, J. Varet, V. Wahl
Olivétan, 2014, 48 p., 8 €

Les changements climatiques commencent enfin à être pris en compte, non seulement par la communauté scientifique mais par l’opinion et par les États - du moins peut-on l’espérer. La brochure de la Fédération protestante de France est donc la bienvenue qui prend clairement position et soulève la question de la responsabilité du chrétien.
Un bref rappel des données scientifiques, bref mais complet, explicitant sans culpabiliser, confirme la nécessité d’une action rapide ; des changements colossaux sont à prévoir si rien n’est fait pour les maîtriser, changements dont il faut comprendre non seulement les enjeux économiques, politiques et sociaux mais les enjeux éthiques qui engagent notre responsabilité à l’égard de chacun, de chaque pays, des pays pauvres du sud sans pour autant négliger les pauvres des pays riches. C’est une histoire de justice. De plus, il en va de l’avenir de la planète, c’est-à-dire de l’avenir des descendants de nos descendants, celle qui engage les siècles futurs. C’est une question d’éthique écologique et sociale, les deux aspects ne pouvant être dissociés.
Or, cette planète, nous la tenons des générations précédentes, nous l’avons reçue, sans l’avoir ‘mérité’ et le fait que nous avons beaucoup reçu - ce dont il nous faut être reconnaissant - engage à donner à notre tour, à prendre soin de l’autre, certes, mais aussi de la planète pour la partager et la transmettre.
Le « cultiver et garder » de la Genèse contient le concept de gestion durable, et contrairement à des interprétations anciennes, le « dominer » du même texte, induit l’idée de bien gérer. De cela découle la responsabilité de l’individu et de la collectivité ; ne faisons-nous pas tous partie de la création ?
Les Églises sont concernées, solidaires de la situation planétaire ; elles sont en mesure de participer à la prise de conscience capable de susciter un refus de la résignation, un changement de comportement et modes de pensée, un échange entre ceux qui savent et ceux qui consomment.
A l’heure de la tenue de la Conférence sur le climat, en novembre prochain, toutes les initiatives d’Églises ou d’institutions protestantes, en faveur d’une trajectoire de « justice écologique » sont à encourager très vivement ; au-delà même des Églises, la réflexion, l’analyse et les capacités d’agir devraient s’étendre à d’autres courants éthiques, le champ éthique étant un lieu de dialogue « interconvictionnel » propice à avancer, face au défi climatique.
En annexe : la Note du Conseil œcuménique des Églises sur le réchauffement planétaire et la Déclaration du Conseil de la Fédération luthérienne sur la Justice climatique.
Compte-rendu de Jacqueline Amphoux, paru dans la revue LibreSens n°221 de septembre-octobre 2015