Dominique Viaux : Que faire du passé ? Histoire et mémoires

Que faire du passé ? Histoire et mémoires
Dominique Viaux
Olivétan, 2009, 94 p., 14 €

Depuis quelques temps « faire mémoire » d’événements passés est devenu semble t-il une préoccupation majeure des politiques. Le Parlement se targue d’écrire l’histoire. La repentance devient une mode. Dominique Viaux parvient en moins de 100 pages à clarifier le rôle de l’historien qui cherche à comprendre ce qui est arrivé et à mettre en évidence l’intérêt et les faiblesses que présente la mémoire du témoin qui a vécu les événements. L’historien qui travaille scientifiquement à partir des documents dont il dispose est parfois mis en doute par des rescapés. L’historien doit-il être tenu comptable de ce qui s’est produit ou de ce qui ne l’a pas été ? Mais à quoi correspondent ces demandes de mémoire, ces lois mémorielles,  et quels sont les risques de dérive ? Quelles sont les raisons qui incitent à donner la préférence au mémoriel sur l’historique ? En fait ceci est révélateur d’une crise de l’identité nationale. L’A. analyse les raisons des discordances entre la lecture diachronique du passé et la lecture synchronique du témoin. Suit une très intéressante réflexion sur le « présentisme », rupture culturelle qui fait que le futur n’a plus de sens, où le « je » l’emporte sur le « nous ». Une excellente étude comparée de la notion du temps entre le judaïsme et le christianisme débouche sur ce que peut être pour le chrétien une lecture biblique du présent à la lumière du passé pour forger l’avenir. Ce petit ouvrage alerte, émaillé d’exemples concrets, répond à l’objectif d’aider le lecteur à éviter de donner prise à de vains débats.
Compte-rendu de Hugues Lehnebach, paru dans la revue LibreSens n°184,juillet-août 2009